vendredi 13 juin 2008

Rencontres animal-société

Depuis mars et jusqu'à fin juin se déroulent les rencontres animal-société conduite par le Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, Michel Barnier. Dans le cadre de la consultation publique qui avait lieu jusqu'au 15 juin la requête reprenant les termes de la pétition animaux à l'école a été envoyé, en espérant que ces rencontres aient un réel impact sur le bien être des animaux. Des associations amies de notre action ont également participé. Code animal a été consulté pour les animaux dans les cirques et Marguerite et cie a envoyé sa contribution que vous pouvez consulter en intégralité sur le site.


En voici un extrait qui concerne les lapins à l'école :
4.2. Le lapin de compagnie à l’école
Le principal lieu public dans lequel le lapin de compagnie est présent est l’école. Plusieurs visiteurs de Marguerite & Cie nous ont signalé des cas de maltraitance de petits mammifères en milieu scolaire. Cette maltraitance allant d’un habitat inadapté à l’absence totale de soin entraînant la mort de l’animal.
En cherchant des informations sur les conditions de détention des animaux en classe sur le site Internet d’un IUFM, nous avons eu la mauvaise surprise de découvrir des fiches techniques proposant de pratiquer l’élevage du lapin à l’école, sans que l’avenir des lapereaux mis au monde ne soit préparé. Les informations mises à la disposition des enseignants dans ces fiches sont obsolètes et les conditions de logement de l’animal qu’elles proposent sont bien souvent inadmissibles : confinement en cage trop petite, exposition au stress, au bruit et à la lumière pendant les périodes de repos de l’animal, alimentation inadaptée. L’animal est abandonné à son triste sort le week-end et confié à des familles pendant les vacances. On peut s’interroger sur l’apport pédagogique que représente la présence d’animaux en classe. On trouve pourtant sur Internet des ressources pédagogiques sur « l’élevage dans le cadre de la classe » et « les lapins, exploitations pédagogiques ». Cette documentation évoque certes « l'occasion de responsabiliser nos élèves en leur confiant des tâches dont dépendent le bien-être et la santé de nos objets d'étude », mais les informations données aux élèves et les conditions de détention des animaux ne leur permettent pas cette responsabilisation. Elles conditionnent au contraire les enfants à considérer le lapin ou les autres petits mammifères comme des animaux qui peuvent rester 24h/24 dans une petite cage sans éducation ni soins particuliers en dehors du remplissage de la gamelle et du changement de litière. Elles véhiculent également l’idée que le lapin est avant tout destiné à se reproduire facilement, ce qui risque d’encourager les enfants à faire mettre bas chez eux à de « petites boules de poils »
qui seront ensuite bien difficiles à faire adopter.
Pour que la présence d’un animal soit bénéfique aux enfants, il faut une véritable interaction entre le lapin et les humains, qui ne passe pas uniquement par le changement de la gamelle ou de la litière, mais par une réelle communication via par la parole, le jeu et l’éducation de l’animal. Or, de telles exigences semblent difficilement compatibles avec les emplois du temps déjà chargés des élèves et des enseignants.
Afin de garantir le bien être des lapins au sein de l’école il faudrait interdire leur présence au sein des classes et n’autoriser leur détention qu’en enclos de grande taille avec un ou plusieurs congénères dans un espace collectif. Ceci permettrait aux lapins d’avoir une vie sociale indispensable à leur équilibre. Ils ne seraient plus tributaires de l’attention que les enfants peuvent ou non leur porter. Un contrôle vétérinaire semestriel permettrait de contrôler la santé du lapin et d’effectuer les vaccinations recommandées. La détention de ces lapins ne devrait être autorisée par le rectorat que si l’instituteur est titulaire d’un certificat de capacité et s’engage à venir nourrir et soigner les animaux même pendant les vacances scolaires, week-end et jours fériés.

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